La réforme foncière au Sénégal : un levier essentiel pour la sécurité alimentaire et le développement inclusif des communautés.
La réforme foncière au Sénégal, actuellement accélérée par le Président de la République, est au cœur des priorités gouvernementales en vue de garantir la souveraineté alimentaire et de moderniser le système agricole national. Lors du Conseil des ministres du mercredi 18 juin 2025, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de sécuriser les droits fonciers des exploitants agricoles, en particulier les exploitations familiales, en attribuant effectivement des titres de propriété aux détenteurs légitimes de terres agricoles et d’habitation à travers tout le pays. Cette étape est cruciale pour assurer la sécurité juridique des propriétaires et faciliter l’accès au crédit agricole, valorisant ainsi la terre comme garantie financière.
Cette réforme foncière, qualifiée de majeure dans l’Agenda national de transformation, repose sur un processus inclusif impliquant collectivités territoriales, agriculteurs familiaux, acteurs de l’agrobusiness et société civile. Elle vise à bâtir une agriculture plus productive, équitable et durable, à travers une gestion cohérente et intégrée du territoire national, notamment en milieu rural. Par ailleurs, elle s’intègre dans la politique de décentralisation renforcée et s’accompagne d’une réforme agro-sylvo-pastorale pour une gestion territoriale mieux planifiée.[1]
Par ailleurs, la sécurisation foncière est un facteur crucial en lien avec le Forum africain des systèmes alimentaires qui se tient à Dakar du 31 août au 5 septembre 2025. Ce forum, qui constitue la première plateforme mondiale dédiée aux systèmes alimentaires en Afrique, porte cette année sur le rôle central de la jeunesse dans la transformation agroalimentaire. Il est fondamental de reconnaître que la jeunesse africaine représente à la fois un défi et une opportunité majeure, car le continent détient 60% des terres arables non cultivées de la planète et une population jeune qui devrait atteindre 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050. Pourtant, un tiers des populations africaines souffrent encore de la faim, et la production alimentaire ne répond pas encore aux besoins croissants.[2]
Dans ce contexte, sécuriser l’accès à la terre par la réforme foncière est une condition sine qua non pour permettre aux jeunes et aux zones rurales d’investir durablement dans l’agriculture, de promouvoir des filières innovantes et de créer des emplois. La gestion transparente, inclusive et pacifique du foncier est un facteur clé pour éviter les conflits et favoriser une agriculture durable et résiliente face aux défis climatiques. L’ONG ACCES, engagée dans l’éducation non formelle et l’appui au développement à la base, peut jouer un rôle moteur en accompagnant ces populations a comprendre ces enjeux actuels et de plaider pour l’accès au foncier sécurisé [1]
Pour réussir cette réforme, le gouvernement accentue le renforcement des outils de cartographie, de planification et de gouvernance foncière, ainsi que la mise en place de mécanismes efficaces pour prévenir et résoudre les conflits fonciers. Un plan de communication nationale est également prévu afin d’informer, sensibiliser et mobiliser les parties prenantes, des agriculteurs aux collectivités territoriales, en passant par les investisseurs privés et la société civile. Cette mobilisation collective est essentielle pour faire de la réforme foncière un levier de transformation économique durable, de justice sociale et de paix dans les zones rurales.[1]
